Critique : Night Run

Liam Neeson n’en finit plus avec les films d’action à la sauce Taken. L’acteur a dit lui-même qu’il trouvait qu’il pourrait devenir lassant de continuer à jouer ce genre de rôles dans les années à venir et qu’il arrêterait les films de ce type là dés que les spectateurs en auront marre. Bref, quoi qu’il en soit, Jaume Collet-Serra a ré-embauché une fois encore son acteur Irlandais fétiche (avec qui il a déjà travaillé sur Sans Identité et Non-Stop) pour un nouveau Thriller musclé sauce gunfights. Mais alors que vaut ce tout dernier Action « Neeson » Movie ?

 

Du classique, un brin répétitif

On ne va pas se mentir, en allant voir Night Run, rien ne nous surprend plus. À comprendre : tout dans le scénario est véritablement prévisible. En connaissance de cause, on ne peut pas sursauter et frémir face aux images que nous avons devant nous. Tout est stéréotypé, tout s’enchaîne avec un classicisme déjà connu des films de ce genre. Mais, bizarrement, on s’attache (et on s’empoisonne) aux personnages et à leurs histoires. On est toujours heureux de retrouver Neeson dans un rôle de castagneur un brin âgé mais toujours badass. Alors l’histoire en elle-même ne restera certainement pas dans les annales. Jimmy Conlon est un ancien tueur au compte de Shawn Maguirre (Ed Harris) dont le fils, Mike Conlon, qui ne parle plus à son père, est engagé dans un duel contre le fils Maguirre. Et Jimmy, pour protéger son fils qui ne lui parle plus (vous suivez toujours ?), va assassiner le fils de Shawn mais, par politesse, le prévenir quand même. Du coup s’en suit une véritable chasse à l’homme de vengeance d’une part et de survit de l’autre. Rien de bien transcendant jusqu’ici. Mais le réalisateur Espagnole de 40 ans qu’est Collet-Serra nous avait habitué à ajouter une petite dose de retournements de situations bien vu dans ses précédents longs-métrages. Malheureusement on ne les retrouve pas ici et tout se joue avec une logique pure qui ne nous surprend donc malheureusement jamais. Malgré cela, on passe un agréable moment et on ne peut qu’être heureux des scènes d’actions, des courses poursuites et des scènes de tensions entre flics, truands et la famille Conlon. Même si on ne peut que conclure que tout cela sent malgré tout le réchauffé…

 

Un rythme saccadé, de l’action débridé

Comme je le faisais comprendre auparavant, la force des films avec Neeson ces derniers temps, c’est le rythme qu’ils imposent, la tension qu’ils nous confèrent et la puissance de leurs scènes d’action. Si visuellement le long-métrage est un sans faute, avec des plans volontairement noirs, le film se passant la nuit dans des lieux peu exhaustif (centre ville, banlieues, immeuble, appartement, bar), il ne nous transporte pas forcément et ne nous apporte rien de bien neuf. Le rythme monte crescendo mais le problème est qu’il faut attendre la seconde demie-heure pour avoir enfin droit à une cohésion scénaristique et à des scènes d’action palpitantes. Si par la suite, tout s’enchaîne avec aisance, il aurait été préférable pour ce type de film, de nous prendre aux tripes dés le début, ce qui est loin d’être le cas. On veut trop nous présenter les protagonistes, leurs histoires et les liens qui les connectent. Un peu redondant et pas nécessairement intéressant. Par la suite, l’action se veut bien plus dynamique et puissante. On retrouve la patte Jaume Collet-Serra et on est heureux de voir notre Irlandais préféré au meilleur de sa forme. Malgré cela, l’intrigue générale et la mise en scène sont bien moins intéressantes dans ce nouveau film. Bien que tout soit mis en oeuvre pour nous laisser coller à notre siège, quelques moments d’égarements et quelques scènes plates viennent à nous demander l’heure qu’il est. Et dans ce type de film, c’est bien regrettable.

 

Un casting sympatoche

Ed Harris et Liam Neeson en frères ennemis, c’est un excellent choix. Les deux acteurs collent parfaitement à leurs rôles  et se complètent avec brio. Joel Kinnaman (le dernier RoboCop) est également bien intégré, dans son rôle de fils perdu et qui rejette ses origines, son sang. Enfin, le rappeur Common en bad guy et Vincent D’Onofrio en flic intègre complètent le casting et bien qu’un peu trop effacés, restent digne d’intérêt. Le casting en lui-même est donc bon, juste et sans fioriture. Mais pas mémorable, un peu comme avec les derniers films de Neeson où l’on ne retient qu’une chose, c’est la personnalité vengeresse du héros. Le reste nous passe un peu au-dessus. Encore une fois bien dommage car avec de tels acteurs, il y avait peut-être possibilité d’élargir son champ de vision et de tenter un projet plus personnel et mois héroïque. Même si une fois de plus, cela colle et qu’on voit ce qu’on est venu voir. Sans plus, sans moins.

 

Conclusion :

Le nouveau Liam Neeson featuring Jaume Collet-Serra est « moyen-bon ». On ne le retiendra certainement pas dans notre liste des films de l’année même si on passe un moment agréable, quoi qu’un peu long sur certaines phases. Un film sans prétention, à voir quand on a envie de se mettre devant un long-métrage sans prétention et oubliable. Liam Neeson est une fois de plus juste dans ce type de rôle mais devrait tenter de faire plus ou mieux pour continuer de nous impressionner. Ou alors son réalisateur devrait quelque peu évoluer et nous proposer des films plus aboutis et plus innovants. Au final, un film classique qui fera plaisir aux fans de Taken et décevra les amoureux de sensations fortes.

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