Critique : Kingsman – Services secrets

Aller au cinéma est avant toute chose un divertissement. Si parfois ce dernier est conjugué à un drame, une histoire politico-shakespearien ou à une comédie loufoque agrémentée d’un biopic inégal, ce qu’on attend au final, c’est de ressortir le sourire aux coins des lèvres. Et dans cette épreuve, Matthew Vaughn, l’excentrique réalisateur de Kick-Ass ou d’X-Men : Le commencement, s’en tire avec les honneurs des jurés. Habitué des films mélangeant action et humour, le voilà qu’il nous propose son dernier long-métrage, association avouée de films d’espionnage et pop-corn, le tout interprété par un casting de haute volée. Simple pétard ou grosse bombe ? La réponse dans ces quelques lignes.

 

Une fusion Tarantino-Mendes

Une des premières choses qui saute aux yeux dans ce film, c’est son rythme et la manière dont le tout est retranscrit. Comme inscrit sur les affiches parisiennes, on se croirait bien dans un film de Tarantino. Les répliques, les scènes d’action, la volonté de se sentir proche des personnages, l’humour oscillant entre fin et gras,…la majorité du long-métrage aurait pu être réalisé par le créateur de Pulp Fiction. Mais, on y retrouve parfois aussi des atomes crochus avec les derniers James Bond que ce soit dans la narration ou l’instinct de gravité. Dans ce sens là, les derniers Bond de Sam Mendes ont quelques points en commun. Bref, vous l’aurez aisément compris rien qu’en comparant ce film avec ces deux grands réalisateurs, qu’en terme d’énergie et d’attrait scénaristique, Kingsman est une franche réussite qui ne nous décolle jamais de notre siège tant on attend avec une impatience non dissimulée la scène suivante. Absolument tout est fun dans ce film qui nous capte dès ses premières secondes pour ne plus nous lâcher sauf dans de rares moments volontairement plats. Vaughn a parfaitement dosé chacune des scènes pour amener le spectateur à alterner entre rires, émotions et contemplation. Et on ne boude pas notre plaisir.

 

Des scènes stupéfiantes

Sans vous détailler ces dites-scènes, ni leurs intérêts pour le long-métrage, sachez que deux d’entre elles ont retenues mon attention avec fracas. La première se situe dans une église et Colin Firth alias Galahad m’a estomaqué. Si vous vous doutiez en regardant la bande annonce que l’anglais de 51 ans allait devoir se battre, je ne pense pas que vous pouviez vous attendre à un tel résultat. Cette scène de combat rapproché est exceptionnelle et repose sur un rythme quasi jamais vu au cinéma. La chorégraphie de cette bataille est minutieusement interprétée et laisse le spectateur bouché bée. Je me suis moi-même surpris à garder la bouche ouverte, me demandant intérieurement si ce que je voyais était possible. Mais oui ça l’est et ce n’est que plus palpitant. Même le papa et sa fille à côté de moi n’en revenaient pas. La seconde scène se situe elle à la fin et propose des gun fight et des combat en deux contre deux d’anthologie ! Un mélange entre Matrix, John Wick et Machete. Que du bon ! Bref, en se reposant sur ses scènes d’action le film aurait déjà pu prétendre au divertissement de l’année, mais le fait qu’il conjugue cela avec un humour noir, fin et gras et un scénario captivant prouve la volonté du réalisateur de réussir dans tous les domaines.

 

Des acteurs parfaits

Colin Firth dans autre chose qu’une comédie romantique ou qu’un Biopic dramatique c’est possible ? OUI ! Quel coup que d’avoir choisi cet acteur dont les premiers rôles au cinéma se résument pour de nombreuses personnes à Bridget Jones, Le Discours d’un Roi ou Love Actually. En résumé, pas de films où l’acteur doit jouer les gros bras. Et pourtant, professionnel jusqu’au bout c’est bien lui qui réalise en majorité ses scènes d’action (il ne voulait pas de doublure). Et l’on ne peut être qu’encore plus admiratif quand on voit son jeu et la facilité avec laquelle il enchaîne tout cela avec un naturel déconcertant (bien que très anglais). Pour le reste, le jeune Taron Egerton (The Smoke) m’était désagréable au début pour devenir au fur et à mesure plus sympathique et intéressant. Il incarne dans tous les cas, parfaitement bien le jeune con anglais à la limite du beauf beau gosse. Et c’est tout à son honneur. Samuel L. Jackson est, comme à son habitude, culte dans son personnage, Geek et faussement jeune dans sa tête, et les deux tiers de ses répliques sont destinées à nous faire rire (ce qui marche très souvent). Ce mec peut tout jouer, ça colle à chaque fois. Enfin Michael Caine et Mark Strong font du Michael Caine et du Mark Strong même si le dernier tire un peu plus son épingle du jeu et devient plus important au fur et à mesure que le film avance. Tant mieux car j’adore cet acteur, au physique assez particulier, qui peut aisément jouer un méchant comme un héros. Au final, le casting est simplement parfait et tous se trouvent dans des rôles que l’on croirait écrit pour eux.

 

Conclusion :

Intelligent, parfaitement rythmé, drôle et touchant, Kingsman est la petite pépite de ce début d’année 2015. En plus d’être servi par un casting de haute volée, le film réussit à nous surprendre et à réunir tous les ingrédients d’un divertissement justement calibré. À voir, revoir et re-revoir avec ses potes, sa petite amie ou ses enfants (quand ceux-ci ont au moins 14 ans). Merci Matthew Vaughn !

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