Critique : Jupiter – Le destin de l’univers

Andy et Lana Wachowski font partie de ces rares réalisateurs avant-gardistes  avec lesquels j’ai grandi et appris à aimer le cinéma. Depuis Matrix, qui est à mon sens une véritable pépite de Science-Fiction et un long métrage en avance d’une dizaine d’années sur ses concurrents, je suis le parcours de ce frère et sa sœur qui tentent de nous proposer à chaque fois une expérience puissante et harmonieuse. Si Speed Racer ne restera pas dans les annales, Cloud Atlas et à un degré moindre, Bound et V pour Vendetta (qu’ils n’ont pas réalisé mais écrit et produit) sont des produits d’une grande qualité qu’on se doit de voir au moins une fois (et au minimum 3 fois pour Cloud Atlas). Bref, quand j’entends que les Wachowski travaillent sur une superproduction façon Space-Opéra SF avec en tête d’affiche Channing Tatum, Mila Kunis et Sean Bean (!) je ne peux être que confiant. Malheureusement, il ne faut jamais croire que tout est acquis…

 

Des effets spéciaux en veux-tu, en voilà

La chose qui marque le plus dans ce film (malheureusement), c’est la quantité et la qualité tout de même des effets spéciaux auxquels nous avons droit. Si on sait depuis longtemps que nos réalisateurs Américains en sont particulièrement friands, on reste toujours ébahis par la beauté de certains passages et des décors qui sortent de leur imagination. Le travail effectué sur les différents plans du film, sur les planètes, l’espace, les vaisseaux ou les différentes créatures est dantesque et parfaitement bien intégré. On peut néanmoins regretter ce manque parfois de naturel et de simplicité qui chauffe notre rétine et nous empêche d’être pleinement concentré sur l’action. Le jeu de couleurs reste, quant à lui, agréable et  le tout s’enchaîne avec une certaine logique et une fluidité à toute épreuve. Mais comme pour tout, une belle carrosserie ne signifie pas légitimement que ce qui la compose est du même acabit. Et c’est ici que le bas blesse…

Une histoire sans saveur

Il m’est difficile de vous résumer l’histoire de Jupiter. Pas parce que comme chaque long métrage des Wachowski, le pitch est compliqué à comprendre et qu’il est préférable de revoir le film plusieurs fois avant de le maîtriser comme il se doit. Non, véritablement ici l’histoire est d’une simplicité enfantine. Jupiter est la réincarnation d’une femme qui gouverne l’univers et a qui appartient la planète Terre. En apprenant qu’elle est à nouveau en vie, Balem (incarné par Eddie Redmayne) cherche à faire supprimer cette femme qui pourrait demander à avoir droit à ce qui lui appartient et donc lui confisquer ce qui le rend puissant, riche et immortel. Caine (Channing Tatum) est alors missionné pour retrouver la belle et la ramener. Pas intéressant sur le papier hein ? En fait, pas intéressant du tout. Alors que je regardais la Bande-Annonce du film, je doutais déjà de la puissance scénaristique du film. Mais, comme sait le faire habilement un Christopher Nolan, je pensais que ces quelques minutes d’avant goût ne voudraient rien dire et ne dévoilaient qu’une partie infime de la trame du film. En fait non, tout est montré dans le teaser ! Le synopsis du long métrage est d’une banalité sans nom et arrive presque à en devenir inintéressant. On est noyé dans un scénario faussement compliqué qui cherche à multiplier les intrigues sans les transformer en une matière de goût et le tout n’a plus aucune saveur. Tout cela est d’un classicisme aberrant et on se demande parfois si les Wachowski n’ont pas été pris en otage et forcés à réaliser cela tant ce film n’a rien à voir avec ce qu’ils sont et les standards auxquels ils nous ont habitués. Une déception qui pourrait se rattraper avec les acteurs et leurs performances me direz-vous ? Là encore, j’ai mal à mon Cinéma…

Des performances médiocres

Vous vous rappelez de ces spectacles de fin d’année joué par les élèves de CM2 ? C’était touchant, parfois drôle, mais pas naturel ? Bienvenue dans Jupiter – Le destin de l’univers ! Alors si je devais sauver quelqu’un, ça serait sans aucun doute Sean Bean, toujours aussi classe et badass. Dommage qu’il ne tienne qu’un rôle secondaire car le mec sauve le film à lui seul parfois. Mila Kunis passe elle pour une débile écervelée à qui j’ai envie de foutre une claque et de lui demander de rejoindre le casting de 50 nuances de Grey pour continuer dans les films pour adolescentes faussement féministes mais hautement bête. Channing Tatum oublie parfois qu’on parle avec sa bouche et non avec ses abdominaux. Dommage car j’aime bien cet acteur, mais là, c’est chaud quoi. Même dans ses scènes d’action il ne donne pas envie. Schwarzenneger ferait la moitié de ce qu’il fait avec 5 fois plus de classe. Et Eddie Redmayne est exécrable dans son rôle de méchant, parfois surjoué, parfois effacé et dont on a une seule envie, c’est qu’il se la boucle d’une manière ou d’une autre. Les autres seconds rôles sont tellement insignifiants que je ne trouve même pas la force d’en parler.

 

Conclusion :

Jupiter, c’est le genre de film survendu par des opérations Marketing qui nous font penser que c’est le blockbuster de l’année en concurrence direct avec Star Wars et Avengers. Mais en fait non, c’est un petit film de science-fiction, un space-opéra ultra classique et sans surprise, qu’on se doit de regarder avec ses potes un samedi soir autour d’une pizza en ne le regardant que d’un seul œil. Comme ça, on pourra gentiment se foutre de la gueule de Mila Kunis et de son nom de famille, de Tatum et de ses pectoraux aussi gros que nos cuisses et en se demandant de quelle manière Sean Bean pourrait mourir cette fois ci encore. Pas de débat sur l’histoire et sur les éventuelles fins cachées, puisque de toute façon on s’en fout. Bref, un film à aller voir si rien d’autre ne vous donne envie. Et une grosse déception de la part des Wachowski qui devront vite se rattraper…

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Design Downloaded from free wordpress themes download | free website templates download | Free Photoshop Brushes.